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Sommaire

Les noms de Muhammad

Ancien Recueil de hadith
Ancien Recueil de hadith

Le nom complet de Muhammad est Abu-l-Qâsim Mouhammed Ibn `Abd Allâh Ibn `Abd Al-Mouttalib Ibn Hâshim ibnu 'abd Manaf (أبو القاسم محمد ابن عبد الله ابن عبد المطلب ابن هاشم). Le nom proprement dit y est précédé par la kunyah marquant la paternité (père de Al-Qâsim) et suivi par le nasab, c'est-à-dire la généalogie (fils de `Abd Allâh, le fils de `Abd Al-Muttalib, le fils de Hâshim).

'Abd Allâh et Amina. 'Abd Al-Mouttalib, le chef des Quraych avait dix enfants dont 'Abd Allah, qu'il maria à Amina Bint Wahb, dont le pére Wahb était le chef des Banû Zahra. Amina était alors la meilleure femme par la noblesse de la filiation et du rang social.

Mais peu de temps après le mariage, 'Abd Allah mourut, alors que sa femme enceinte de lui, portait dans son ventre le futur Messager de Dieu. Elle remarqua lors de sa grossesse, nombre de signes et d'indices qui montraient que son enfant allait avoir une grande destinée. Le prophète naquit lundi, le douzième jour du mois de Rabî al-Awwal, l'an de l'éléphant (570 J.C). Ce fut le jour le plus heureux de l'histoire de l'humanité. Lorque sa mère le mit au monde, elle envoya informer son grand pére Abd 'Abd-al-Muttalib qu'il venait d'avoir un petit-fils.'Abd-al-Muttalib accoura alors le voir. Il le porta et le fit entrer à l'intérieur de la Kaaba. Là, il le baptisa du nom de Muhammad (signifiant: loué, comblé de louanges, digne d'éloges). Ce fut un nom que les arabes trouvérent étrange, du fait qu'il n'était pas connu.

De nombreux autres noms lui ont été attribués, soit de son vivant, soit par la tradition islamique. On en compte 201, dont Al-Mustafâ et Al-Mukhtâr qui signifient « l'élu », Al-Amine qui signifie « le loyal », Ahmad et Mahmoud qui sont dérivés de la même racine que Mohammed.

La version arabe, Mouhammed, s'écrit avec les 4 consonnes mîm, hâ', mîm et dâl, qui signifient en arabe « Celui qui est digne de louanges ». Le terme français Mahomet est une déformation du turc Mehmet. Mouhammed devient Muhammet ou Mehmet en Turquie, Mohand en langue berbère, et Mamadou dans certains pays d'Afrique noire, par déformation de la forme déclinée au nominatif: Mouhammadou.

La variante francisée, Mahomet-Mohamed, est proche des versions des langues romanes apparentées : Mahoma en espagnol, Maomé en portugais, Maometto en italien, Mahomed en roumain.

Elle est cependant rejetée par une partie des musulmans francophones. Un débat récent qui a fait l'objet d'une pétition expédiée à l'Académie française, estimait que « Mohammed signifie en arabe, “le Béni”. Et ce sens est parfaitement apparent dans le terme lui-même alors que Mahomet » proviendrait au dire de ces pétitionnaires « de l'expression Mâ houmid qui en est la négation. »

Dans le Coran et les hadiths, Muhammad est habituellement appelé le messager de Dieu (rasoul)(الرَّسُول, ar-rasūl, « le messager », « l'envoyé »), plus de 200 fois dans le Coran. Il est également désigné par l'expression prophète (nabi) (النَّبِيّ, an-nabīy, « le prophète »). Ces deux appellations renvoient à une distinction faite en islam entre deux catégories de personnes investies d'une mission apostolique ; les messagers de Dieu, appelés aussi envoyés de Dieu, sont d'après la terminologie islamique les personnages ayant reçu la révélation de lois abrogeant les lois des messagers qui les auront précédés, avec l'ordre de le transmettre aux hommes, tandis que les prophètes reçoivent une révélation par les mêmes voies ainsi que l'ordre de transmettre un message aux hommes mais ce message ne leur est pas propre, il est celui du messager qui les aura précédé. Selon cette classification, tout messager est un prophète mais ce n'est pas tout prophète qui est messager. Les uns comme les autres reçoivent la révélation mais seuls les messagers reçoivent un livre ou une loi nouvelle. Dans la tradition musulmane il y aurait 124 000 prophètes et 313 messagers, le premier d'entre eux étant Adam, le premier des humains, et le dernier, Muhammad, l'un comme l'autre étant des prophètes messagers

Biographie

Naissance et enfance

Muhammad naît à la fin du VIe siècle, vers 570, à la Mecque, cité caravanière vivant du commerce de marchandises transitant de l'Inde vers l'Occident via Aden puis la Syrie, en traversant le désert de la péninsule arabique.

L'année de naissance de Muhammad est appelée traditionnellement Année de l’éléphant en référence aux évènements qui s'y sont déroulés. Le général chrétien éthiopien et vice-roi du Yémen, Abraha, avait attaqué en vain La Mecque avec une troupe d’éléphants pour démolir le sanctuaire vénéré par les Arabes (la Ka`ba). Le Coran rapporte ce récit (Sourate Al-Fil), et il est dit que l'attaque fut repoussée par la riposte miraculeuse d'oiseaux jetant des pierres brûlantes. La tradition musulmane dit que des témoins oculaires de cette attaque étaient encore en vie lors de la révélation de cette sourate.

Muhammad appartient à la tribu de Quraych (ou Koreish), une très ancienne tribu arabe. Il descend de Ghâlib, fils de Fihr, surnommé Quraych, guerrier puissant et redouté. Son père `Abd Allâh Ibn `Abd Al-Muttalib est fils de `Abd Al-Muttalib, fils de Hâshim, prince des Quraychites, gouverneur de La Mecque et intendant de la Ka`ba.

La famille de Muhammad est hachémite par référence à son arrière grand-père Hâchim ibn `Abd Manaf. Les Quraychites se réclament de descendance d'Ismaël, fils d'Abraham et ont la garde de la Ka'ba, sanctuaire reconstruit par Abraham et son fils Ismaël, selon la tradition musulmane, et désigné par le père des trois monothéismes comme un lieu de pèlerinage.

Muhammad est issu du mariage de `Abd Allâh Ibn `Abd Al-Muttalib et Amina (Amina ou Aamina bint Wahb) fille de Wahb, chef du clan médinois des Banû Zahrah. Elle accouche de Muhammad à La Mecque dans la maison de son oncle paternel Abû Tâlib du clan des Banû Hâshim, le lundi 12 du mois de Rabî`al-awwal. Son accoucheuse est Ash-Shifâ', la mère de `Abd Ar-Rahmân Ibn `Awf.

La mort de son père `Abd Allâh survient avant la naissance de Muhammad à Yathrib, qui depuis a pris le nom de Médine. Le septième jour après sa naissance, son grand père `Abd Al-Muttalib donne un nom à son petit-fils : Muhammad, ce qui signifie « Le Loué ». Umm Ayman Barakah Bint Tâlib, une esclave abyssinienne de son père, s'occupe de lui.

Conformément à la coutume des familles nobles de Quraych, sa mère Amina le confie à une nourrice, d'abord à Thuwaybah, la servante de son oncle Abû Lahab, puis à Halîmah Bint Al-Hârith As-Sa`diyyah (de la tribu des Saadites), qui emporte le nourrisson dans le désert où son mari vit avec la tribu des Saadites (Banû Sa'd) à l'écart du reste de la population. La vie dans le désert, au milieu des bédouins réputés pour la pureté de leur langue, était censé prodiguer aux enfants santé et force d'expression.

Un jour, alors que Muhammad et l'un de ses frères de lait avaient la garde de quelques bêtes à proximité des habitations, Halîmah et son mari Abû Kabshah sont alertés par leur fils de lait que Muhammad a été pris à partie par deux hommes de blanc vêtus, qu'ils l'ont couché sur le sol et lui ont ouvert le torse. Accourant sur les lieux, Halîmah et son mari trouvent leur enfant debout tout pâle. Le jeune Muhammad leur explique que deux hommes vêtus de blanc étaient venus et l'avaient couché par terre, et qu'ils lui avaient ouvert le torse et en avaient extrait quelque chose. Dans la tradition musulmane, les deux hommes vêtus de blanc etaient en réalité deux anges, envoyés pour purifier le cœur de l'enfant, destiné à être prophète, et pour apposer le sceau de la prophétie entre ses épaules.

Craignant pour la santé de l'enfant, Halimah s'empresse de rendre l'enfant à sa mère Amina qui meurt trois ans plus tard. Muhammad n'a alors que six ans. Son grand-père paternel `Abd Al-Muttalib le prend alors dans sa maison. Deux ans après, sur son lit de mort, `Abd Al-Muttalib charge Abû Tâlib, l'aîné de ses enfants, frère utérin de `Abd Allâh, de prendre soin de Muhammad. Son oncle Abû Tâlib — le père d'Ali — l'élève comme son propre enfant.

Jusqu'à l'âge de 40 ans il y a peu de détail écrit sur sa vie, elle est reconstituée d'après la tradition orale, mise par écrit 140 ans après sa mort, grâce à de nombreux témoignages de ceux qui avaient connu ses premiers compagnons. Il aurait été berger puis caravanier avant d'entrer au service de Khadija, une riche veuve qui organisait des caravanes marchandes. Malgré leur différence d'âge (Khadija avait 40 ans et Muhammad environ 25), ils se marient et auront deux (ou trois, selon les sources) fils qui moururent en bas âge, Al-Qâsim et Tayeb, et quatre filles, Zaynab, Ruqayyah, Umm Kulthûm et Fâtima la future épouse d'Ali.

Jeunesse

Alors que Muhammad a douze ans, Abu Talib décide de tenter sa chance dans le commerce caravanier avec la Syrie. Son neveu insiste pour l'accompagner. Arrivés à Bostra, ils s'arrêtent à un monastère où ils se font remarquer par un moine nommé Bahira. D'après Ibn Ishaq, le célèbre chroniqueur, le moine reconnaît en l'enfant le futur prophète grâce à différents signes consignés par la tradition ecclésiastique, dont le sceau de la prophétie qu'il portait dans son dos. Il recommande alors fortement à Abu Talib de rebrousser chemin et de garder son neveu des yeux des chrétiens et des juifs d'orient. L'oncle obtempère et renonce par la suite à ces voyages.

À la Mecque, Muhammad se distinguera des gens de son âge. Il est fort, judicieux dans ses propos, énergique dans ses expressions, fidèle à ses amis et plus encore à ses promesses. Il évite avec un soin extrême tout ce qui peut faire soupçonner en lui quelque goût pour le vice.[réf. nécessaire]

Les Quraychites ayant déclaré la guerre (connue sous le nom d'El Fijar, vers 590) aux Tribus de Kénan (Canaan) et de Hawazan, ils marchèrent contre elles commandés par Abu Talib. Muhammad, âgé de vingt ans se distinguera par son intrépidité. Les deux Tribus sont battues et dispersées.

Quelque temps plus tard, les fondations de la Kaaba sont gravement touchées par des pluies torrentielles. Menaçant de s'effondrer, le sanctuaire doit être démoli et reconstruit par les Quraychites. Quand il s'agit d'y reloger la Pierre noire, une météorite qui serait vénérée par les Arabes depuis le temps d'Abraham, les tribus ne s'accordent pas sur le choix de celui qui aura l'honneur de replacer la pierre sacrée. Elles conviennent qu'il reviendra au premier qui se présentera le lendemain à la porte du temple. Ce fut Muhammad. Pour ménager les susceptibilités, il enlève sa cape et y place la pierre noire, qu'il fait élever ensuite par deux arabes de chaque tribu et la prenant alors, il la place lui-même, sous le regard approbateur de tous les habitants de la Mecque, enchantés de la noblesse de cette action, pour démêler l'orgueil qui en avait été le motif.

Sa description physique

En plus de ses faits et gestes que nous ont transmis ses compagnons, le prophete Muhammad (psl) est connu grace à une description étonnamment fine et juste. Ainsi de nombreuses sources nous depeignent son portrait dont aucun detail n'a été omis ; sa taille, sa demarche, la couleur de sa peau, la forme de ses sourcils, etc. Tout nous a été rapporté.

Le prophete Muhammad(psl) était de taille moyenne, ni trop grand, ni trop petit, mais depassant légèreent la stature normale. Il avait une peau clair, le visage éclatant de blancheur, légèrement rosé. Ses cheveux, noirs et séparés au milieu par une raie, n'étaient ni frisés, ni raides, mais entre les deux. Il étaient ong et arrivaient au niveau des lobes de ses oreilles et parfois tombaient sur ses épaules. Ses yeux étaient très noirs, grands et beaux. Ses cils étaient longs, fournis, et légèrement arrondis aux extremités. Ses sourcils allongés et taillés se touchaient presque, mais étaient séparés en leur miieu par une surface nette.

Il était large d'épaules. Sa tête était grande et le front était large. Son visage rayonnant et resplendissant n'était pas du tout arrondi. Son cou blanc n'était ni trop long, ni trop court. Il avait un corp uni, sans embonpoint et sans bourlet. Sa poitrine était large, et une longue ligne de poils fin, comme une baguette, la reliait au nombril. Il n'avait pas d'autre poil sur le haut du corps ou sur le ventre. Sa barbe étaient noire lisse et longue. Ses bras et avant bras étaient musclés et velus. Ses mains et ses pieds étaient larges et proportionnés. Les extremités de ses os étaient toujours robustes et épaisses. Il avait la paume vaste, les doigts longs avec des bords arrondis.

Lorsqu'il marchait, il donnait l'impression d'une eau qui couait sur une pente. Il avançait d'un pas long et régulier, le corps penché en avant. sa démarche était legère, aérienne et cadencée. On aurait dit que le sol se ployait comme un rouleau sous ses pieds. Quand il tournait la tête en arriere ou sur les cotés, il le faisait avec tout son corps. Entre ses deux omoplates se trouvait le sceau de la prophétie, qui était un morceau de chair rougeatre, de la taille d'un oeuf de pigeon. Sur ce sceau, il y avait un grain noir, et tout autour, des poils en touffe.

Sa mission

Tableau Perce représentant l'épisode du voyage nocture
Tableau Perce représentant l'épisode du voyage nocture

Dans ce contexte, Muhammad effectue de nombreuses retraites spirituelles. C'est en 610 que, pour la première fois, l'ange Gabriel (Jibril) lui serait apparu dans la grotte de Hira où il avait coutume de se recueillir et lui aurait transmis la révélation, la parole de Dieu. Muhammad, qui a alors 40 ans, commence à transmettre des versets qu'il déclare être révélés par Allah et dictés en arabe par l'ange Gabriel, cette dictée durera vingt-trois ans. Les révélations se sont accomplies ponctuellement ou régulièrement selon les péripéties de la vie du prophète et de la communauté des croyants. Ils formeront le Coran, que Muhammad prend soin d'enseigner oralement dès le début.

La tradition rapporte que, effrayé par la première visite de l'ange Gabriel, Muhammad se réfugie auprès de son épouse et lui raconte ce qui vient de lui arriver. Khadijah couvre le prophète, à sa demande, (d'où l'intitulé de la sourate : Al-Muzzammil, « l'Enveloppé ») et s'enquiert de son état auprès de son cousin, Waraqah Ibn Nawfal, qui lui annonce que son époux est le prophète attendu. Plus tard, Khadijah retournera voir son cousin, en compagnie de Muhammad. Waraqah lui confirme qu'il est un prophète de Dieu et que l'apparition de la grotte de Hira n'est autre que l'ange Gabriel. Il annonce à Muhammad des difficultés, qu'il va endurer dans l'accomplissement de sa mission, notamment un bannissement de sa tribu. D'emblée Khadijah croit en son époux et lui apporte un soutien inconditionnel, elle est, de ce fait, considérée comme la première croyante. Sans tarder, Muhammad fait part secrètement de son message à ses proches, et avec eux il fonde un groupe de croyants qui s'appelleront les musulmans : nommés ainsi en référence au prophète Abraham (muslim, celui qui se donne, qui se soumet volontairement à Allah « Dieu »). Puis, la prédication devient publique et s'étend à l'ensemble des Quraych.

Bien que ses contemporains acceptent difficilement d'abandonner leurs croyances et leurs pratiques ancestrales, en trois ans, il réussit à s'entourer d'une petite cinquantaine de disciples. Ils sont une centaine au bout de cinq ans. La croissance du groupe inquiète les Mecquois et les persécutions contre Muhammad et les siens se font de plus en plus vives après la mort de Khadija et d'Abû Tâlib. Une première vague d'immigration emmène une partie des musulmans en Éthiopie où ils vivent quelque temps sous la protection du Négus, le roi chrétien d'Éthiopie. Muhammad profite de la saison du pèlerinage qui voyait affluer vers la Mecque les Arabes de toutes les régions de la péninsule arabique pour prêcher le message de l'islam. Il conclut un pacte avec un groupe de médinois qui acceptent son message. L'année suivante, la communauté musulmane médinoise est plus nombreuse. Soixante-dix hommes et cinq femmes se rendent en pèlerinage à la Mecque pour prêter allégeance au prophète et lui proposer leur protection s'il s'installait à Médine. L'ordre est donné aux musulmans mecquois d'émigrer (hégire) à Yathrib (future Médine) en 622, année de l'hégire, à l'origine du calendrier musulman.

Selon la tradition, le Prophète aurait été le dernier à partir, en compagnie de son fidèle ami et futur calife Abou Bakr. Ali, quant à lui, reste sur place avec pour mission de restituer les dépôts, dont Muhammad avait la garde, à leurs propriétaires.

Muhammad chef d'Etat

Muhammad réorganise Yathrib, où il est en même temps chef religieux, politique et militaire. Il s'appuie à la fois sur les deux tribus arabes et les trois tribus juives qui y vivent. Un pacte-constitution régit les relations entre les différentes communautés religieuses qui habitent la ville, garantissant notamment à tous les citoyens la liberté de conscience. Ce serait, selon l'appréciation du professeur Muhammad Hamidullah, la première constitution écrite de l'histoire. Néanmoins, ce nouvel ordre est venu contrarier les intérêts des notables de la ville dont Abd Allah Ibn Ubayy Ibn Salul et ceux des tribus juives de Médine.

Certains juifs, à l'instar du rabbin Abd Allah Ibn Salam, reconnaissent en Muhammad le prophète tant attendu et embrassent l'islam. Mais les Juifs de Médine ne se convertissent pas pour autant en masse. Au fil du temps, les musulmans déchantent et prennent leurs distances avec les « gens du livre ». La rupture est marquée lorsque la direction de la prière devient la Ka'ba à la Mecque et non plus Jérusalem.

Les musulmans font l'objet d'attaques de la part des Mecquois et ripostent. Pendant le mois de ramadan en l'an 2 après l'hégire, la bataille de Badr éclate. Il s'agit du premier conflit mené par une armée musulmane stricto sensu. Elle aurait opposé 317 soldats musulmans à un millier de soldats mecquois. La victoire contre les Mecquois assoit l'État musulman naissant et constitue un atout psychologique pour les musulmans. Le mois de jeûne, Ramadan, est par la suite fixé le mois anniversaire où aurait commencé la révélation du Coran ou, selon une autre version, pour commémorer la bataille de Badr.

Les Mecquois prennent leur revanche lors de la bataille de Uhud, en l'an 3 après l'hégire. Supportant mal la mainmise des musulmans sur Médine, certains notables juifs, à l'instar de Salam Ibn Abi Al-Haqiq, auraient profité de cette défaite pour se rendre à la Mecque et inciter les Mecquois à revenir à la charge. Afin d'en finir avec la menace que constituait à leurs yeux ce nouvel état, les Mecquois forment une coalition regroupant plusieurs tribus arabes dont Gatafan, Banu Sulaym, Banu Asad, Fazarah et Ashja. En l'an 5 après l'hégire, une armée de dix mille soldats marche sur Médine, qui se retranche derrière un fossé creusé sur la proposition du compagnon de Muhammad, le Persan Salman Al-Farisi. Le siège de la ville s'installe dans la durée. Quelques escarmouches opposent les deux parties. La diplomatie Mecquoise tente secrètement et réussit à soudoyer la tribu juive des Banu Quraydhah qui avait la charge d'une partie du front. Muhammad envoie quatre émissaires aux Banu Quraydhah pour s'assurer de la réalité de leur soutien, mais les émissaires sont mal reçus et constatent la défection des Banu Quraydhah. En parallèle, un homme de Ghatafan nommé Nuaym Ibn Masud se convertit secrètement à l'islam et reçoit l'ordre de semer la zizanie entre les coalisés. Il réussit à faire douter les Banu Quraydhah de la solidarité des coalisés en cas de défaite et fait douter les premiers de la sincérité de leurs alliés médinois. Exténués par le siège et les intempéries, les coalisés décident de lever le siège laissant les Banu Quraydhah à leur sort. Après un siège de 25 jours, ces derniers sont soumis au jugement de la Torah par leur allié de jadis Saad Ibn Muadh : les hommes de la tribus sont tués, leurs biens confisqués et leurs femmes et enfants sont asservis.

En l'an 6, Muhammad part en pèlerinage à la Mecque à la tête d'un convoi de 1 400 pèlerins et multiplie les signes de ses intentions pacifiques. Les Mecquois leur refusent l'accès au sanctuaire mais signent avec les musulmans la trêve dite d'Al-Hudaybiyah. En l'an 10 après l'hégire (en 629 - 630), la trêve est rompue lorsque une tribu alliée de la Mecque agresse une tribu alliée de Médine. Muhammad marche secrètement sur la Mecque à la tête de dix mille soldats. Aux portes de la ville, il garantit la sécurité de toute personne non combattante et déclare une amnistie générale. La Mecque se rend alors sans opposition. Des conversions en masse d'anciens opposants sont relatées.

À partir de l'hégire, il aura fallu neuf ans pour que toute l'Arabie embrasse l'islam. Muhammad ordonne l'arrêt des razzias entre tribus arabes déclarant lors de son Sermon d'Adieu : « Le musulman est intégralement sacré pour le musulman, son sang est sacré, ses biens sont sacrés, son honneur est sacré. »

L'unification de la péninsule arabe sous la bannière de l'islam n'est pas de nature à laisser ses puissants voisins indifférents. Muhammad décide donc d'envoyer ses ambassadeurs en Égypte, en Perse et à Byzance, entre autres destinations, pour transmettre son message. L'ère de la conquête au-delà de la péninsule va alors commencer.

Après avoir réorganisé l'administration et assis l'influence de l'islam à la Mecque, il retourne à Médine, où il meurt le 8 juin 632 âgé de soixante-trois ans après une courte maladie. Il fut enterré dans son appartement mitoyen de la mosquée prophétique. Un agrandissement de la mosquée de Médine sous la dynastie omeyyade se fait autour de son tombeau, dorénavant à l'intérieur de la mosquée, isolé par un triple mur.

Après sa mort, ses disciples continuèrent de se transmettre oralement et sous forme d'écrits les paroles d'Allah révélées à Muhammad, avant qu'elles ne soient rassemblées définitivement en un seul livre, le Coran, par le troisième calife Uthman moins de vingt ans après la disparition du prophète.