Mosquée de Paris
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La grande mosquée de Paris (مسجد باريس) est la plus grande mosquée de France (un hectare) de style hispano-mauresque avec un minaret de 33 mètres de haut, inaugurée le 15 juillet 1926 dans le quartier latin du 5e arrondissement de Paris par le président Gaston Doumergue. C'est également la plus grande mosquée de France.
Chaque année, sous la direction du recteur Dalil Boubakeur, également président du Conseil français du culte musulman (CFCM), la mosquée accueille des personnalités politiques à l’occasion de la fête de l’Aïd el-Adha.
Historique
Construction
La décision de construire la Grande Mosquée de Paris (première mosquée construite en France) est prise au lendemain de la bataille de Verdun en 1916 qui fit 50 000 morts musulmans, et pour rendre hommage aux 100 000 soldats musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale.
Financée par la France, et construite par le monde arabe, elle est bâtie sur l'emplacement de l'ancien hôpital de la Pitié et voisine du Jardin des plantes de Paris. La première pierre est posée en 1922.
Inspirée de la Mosquée El-Qaraouiyyîn de Fès (une des plus importantes mosquées du Maroc), toute sa partie décorative et en particulier les mosaïques est confiée à des artisans spécialisés d'Afrique du nord avec des matériaux traditionnels. Le minaret de 33m est inspiré de celui de la Grande mosquée de Kairouan en Tunisie.
La grande porte de la mosquée de Paris est ornée de motifs floraux stylisés dans le plus pur style islamique. La mosquée contient également :
- Une salle de prière décorée par plusieurs influences du monde musulman
- Une madrassa (école coranique)
- Une bibliothèque
- Une salle de conférence
- Un restaurant, un salon de thé, un hammam et des boutiques.
Elle a récemment bénéficié d’un ravalement de façade. Débutés en 2004, les travaux se sont achevés en mars 2007 et ont été financés pour un montant de 3,6 millions d’euros par la Ville de Paris, l’État, la région Île-de-France (les pouvoirs publics ont pu participer à la rénovation car elle est inscrite sur la liste des monuments historiques), mais aussi, par l’Algérie et le Qatar. Il reste désormais à rénover les salles de prière, la bibliothèque et la salle de conférences.
Seconde guerre mondiale
Durant la Seconde Guerre mondiale, et l'occupation de la France par l'Allemagne nazie, la mosquée de Paris servait de lieu de résistance pour les musulmans vivant en France.
Les Algériens du FTP (Francs-tireurs partisans) avaient pour mission de secourir et de protéger les parachutistes britanniques et de leur trouver un abri. Le FTP à par la suite porté assistance à des familles juives ainsi qu'a des familles qu’ils connaissaient, en les hébergeant dans la mosquée, en attente que des papiers leur soient fournis pour se rendre en zone libre ou franchir la Méditerranée pour rejoindre le Maghreb.
Le docteur Assouline a comptabilisé 1 600 cartes alimentaires fournies à la mosquée de Paris pour les juifs qui y avaient trouvé refuge.
Aujourd'hui
La mosquée de Paris fait office de mosquée mère des mosquées françaises sous la direction du recteur Dalil Boubakeur depuis 1992 (également président du Conseil français du culte musulman
Architecture
La Mosquée de Paris, Maison de Dieu ou s'exerce le culte de l'Islam dans la plénitude de sa liberté, est un vaste ensemble bâti sur un terrain de près d'un hectare.
Par son histoire, ses activités, son prestige elle représente dans son architecture et ses mosaïques, les aspects classiques et actuels de la civilisation de l'Art musulman, mais aussi la foi tolérante et éclairée de la religion et de la culture islamiques.
Les annexes
Les annexes de la Mosquée de Paris sont constituées:
- de deux salles d'ablutions dont la premrière est réservées aux hommes et la deuxième aux femmes
- d'un dispensaire qui servait aux consultations et à la circoncision des enfants musulmans
- d'un Hammam (bain mort) dont les salons meublés à l’orientale, sont ouverts au public
- d'un café et d'un restaurant qui servent des repas traditionnels et des boissons non alcoolisées
- d'un Souk qui vend aux touristes des souvenirs Nord-Africain
La Cour d’Honneur
En franchissant le seuil de la grande Porte de chêne clair, cloutée de bronze, avec entrelacs en bois d’eucalyptus et en corail, sur la Place du Puits de l’Ermite, le visiteur trouve devant lui la cour d’honneur (Rhiad), inspirée des plus beaux spécimens des jardins Hispano-mauresques et des habitations seigneuriales de l’Afrique Septentrionale.
A l’entrée, se trouve le jardin à l’andalouse avec jets d’eau. On remarquera la terrasse dallée de marbre blanc, les bassins, les fontaines, les perrons où se jouent et cascadent les eaux vives qui viendront après leur course se perdre dans les massifs de fleurs.
A gauche, reliant les deux pavillons d’habitation, la grande salle d’honneur destinée aux réceptions, aux conférences et aux cours d’arabe. Ces constructions qui comprennent d’autres annexes, telles que les bureaux de l’Administration, la Bibliothèque, etc. sont réservées à l’institut Musulman.
A droite de la Cour d’Honneur s’élève un grand mur blanc au centre duquel s’ouvre la porte d’entrée du Grand Patio qui précède la salle des prières.
La porte d’entrée du Grand Patio, rappelle les meilleurs types d’art marocain. L’encadrement en pierre sculptée porte une inscription en caractères coufiques (écriture arabe en usage au Xllle siècle) reproduisant des versets du Coran. L’auvent qui la surmonte est en bois de cèdre sculpté à la main par des artisans marocains. Enfin, les battants de la porte elle-même sont constitués par des assemblages de ce même bois précieux, tels qu’on les retrouve encore dans les premiers édifices de l’architecture islamique du XIVe siècle.
Le minaret
Le minaret est conforme aux normes de l’Ecole malékite. C’est une tour carrée, fleurie de faïence turquoises. On remarquera la finesse des entrelacs sculptés dans la pierre que des panneaux de faïence viennent accuser en réchauffant un peu le gris lapidaire de l’ensemble. A l’intérieur, un escalier règne jusqu’au sommet.
C'est du haut de ce minaret qu'est effectué, 5 fois par jour par la muezzin, l'appel des fidèles à la prière.
Le Patio
Le visiteur franchissant les quelques degrés de l’escalier de marbre contemplera, avec la richesse du décor mural, la simplicité du cadre, contraste classique dans l’architecture arabe. Là, tous les éléments constitutifs de la décoration marocaine, se retrouvent à leur place, tels que depuis des siècles déjà, les grands artistes du Maghreb les ont conçus.
Les portes en chêne sont sculptées et il y a un soubassement de fines mosaïques dont les morceaux taillés à la main viennent se juxtaposer pour former, dans une harmonie de couleurs chatoyantes (marron et jade), des étoiles des rosaces, le long duquel s’allongent deux frises parallèles.
La première frise, faite de caractères arabes taillés dans des plaques de faïence bistrée et qui glorifient en 360 vers, composés par le poète Tunisien Jalaleddine En-Nakache, la construction de la Mosquée de Paris, et la Gloire de Dieu qui inspira les donateurs et les artisans de l’œuvre. Cette inscription murale se poursuit tout autour du Patio.
L’autre frise, plus fine et plus légère, reproduit l’art des artistes fassis à rosaces, arabesques, fleurs et mosaïques.
Les ouvriers marocains qui exécutèrent l’encadrement de plâtre, taillé au couteau, qui surmonte ce travail ne furent ni moins habiles, ni moins patients que leurs compagnons les mosaïstes. On peut, en examinant ces sculptures, se rendre compte de la virtuosité et de la sensibilité de ces artistes qui ont su, dans une matière plate, inerte et sans couleur, trouver des effets harmonieux d’une délicatesse infinie. On jugera de la délicatesse de ce travail, en indiquant qu’il entre environ 7.000 morceaux taillés, limés, ajustés, dans un mètre carré de ces mosaïques. Au dessous de ces faïence dont l’émail a été enlevé au burin, pour mettre les fonds de terre cuite à nu.
Enfin, les plafonds en bois de cèdre assemblés, et les sols de marbre blanc, agrémentés de fines mosaïques, complètent cet ensemble conçu dans les traditions les plus nobles. Dans la même rubrique
La salle de prières
Faisant suite au Grand Patio, voici la Salle des Prières. Avant d’y pénétrer, on remarquera la finesse du travail des portes ajourées où les dizaines de milliers de petits morceaux de bois sculptés ont été assemblés suivant une méthode multiséculaire.
En pénétrant dans la Salle des Prières, à la lumière chaude et discrète des veilleuses et claustras à jour, le visiteur constatera le changement de direction du grand axe des bâtiments. En se plaçant au centre de la nef de droite, et en regardant en face de lui la niche décorée appelée » Mirhab », il pourra, par la pensée, et au-delà du mur du fond prolonger sa vision imaginative jusqu’à la Ville Sainte de La Mecque.
Au centre de cette vaste salle aux multiples colonnes, la grande coupole en bois de cèdre, sculptée à la main, fut exécutée par une équipe d’ouvriers marocains dont l’ardeur, l’adresse et la foi ont permis de réaliser ce chef-d’œuvre. Des vitraux multicolores sont encastrés dans cette coupole octogonale.
Tourisme
La mosquée est ouverte à la visite touristique toute l'année, hormis les salles de sermons des Imams, de lecture du Coran, de prières et de médiations réservées aux pratiquants de l'Islam. Les nombreux visiteurs et touristes y sont accueillis avec attention, respect et courtoisie. Les enfants des Ecoles fréquentent chaque jour ce monument d’art, d’histoire et de civilisation. Des guides répondent à toutes les questions.
La mosquée intègre également un restaurant traditionnel « Aux Portes de l'Orient » de cuisine des pays du Maghreb (tajine, couscous ...), salon de thé (thé à la menthe, loukoum, pâtisserie marocaine, narguilé ...), hammam (non mixte : ouvert en alternance aux hommes et aux femmes), boutiques d'objets traditionnels arabes, ouvert au grand public toute l'année
